Le blog éco

5 mai 2015

Par
Catégorie Secteurs d'activité / Macro-économie
Filière

Production agricole

Screen Shot 05-06-15 at 04.05 PMUn rôle majeur dans l’économie régionale
Hors de la zone urbaine de Toulouse, l’agriculture et l’agroalimentaire figurent parmi les principales sources d’emploi et de valeur ajoutée en Midi-Pyrénées. Ces deux secteurs concentrent plus de 97 000 emplois et pèsent lourd en matière d’exportation.
Avec plus de 47 000 exploitations recensées en 2010, Midi-Pyrénées est la première région agricole française. L’Aveyron (9100 exploitations en 2010) et le Gers (7800 exploitations en 2010) sont les départements qui pèsent le plus lourd en nombre d’exploitations comme en densité d’exploitations (respectivement 3,3 exploitations et 4,2 exploitations pour 100 habitants). Tandis que le Gers est davantage spécialisé en production d’oléo-protéagineux (1er département de France avec 82 000 ha de tournesol et 8500 ha de soja), en vin et en palmipèdes (2ème département de France), l’Aveyron concentre une partie importante des élevages de la région, ovins (1er département ovin de France avec 530 000 brebis), bovins (l’Aveyron concentre 38% du cheptel bovin viande de la région et 41 % des volumes de lait produits en 2013 dans la région) mais également caprins (60% des livraisons de lait de chèvre de la région proviennent de l’Aveyron) et porcins. L’Aveyron compte 10 400 emplois agricoles contre 16 000 emplois industriels* (l’emploi industriel ayant dépassé en nombre le poids de l’emploi agricole depuis les années 90). Toutefois, la croissance de l’emploi industriel découle en partie de la richesse agricole du département qui apporte une matière première aux entreprises agro-industrielles. Le poids et l’image de l’industrie agroalimentaire aveyronnaise façonnent et procèdent tout à la fois de la forte connotation rurale du département.
*Source : INSEE au 31/12/2013

La question récurrente du renouvellement des chefs d’exploitations   
Malgré la professionnalisation des systèmes agricoles en termes d’emplois, le vieillissement des chefs d’exploitation reste un problème majeur. L’âge moyen des chefs d’exploitation de Midi-Pyrénées est passé de 46 à 50 ans entre 2000 et 2010 et la proportion de jeunes agriculteurs dans les exploitations professionnelles est de seulement 18% alors qu’elle était de 28% en 2000.  En 2012, plus de 36% des chefs d’exploitation de la région étaient âgés de 55 ans et +. Les installations ne suffisent pas à compenser les départs en retraite. Le taux moyen de remplacement des départs en retraite (nombre d’installations/nombre de départs) est seulement de 64%.
Avec l‘agrandissement des structures, l’alourdissement des contraintes financières et règlementaires et la difficulté d’accès au foncier, l’installation de jeunes agriculteurs devient de plus en plus difficile. L’élevage semble toutefois conserver une certaine attractivité auprès des jeunes. La population des éleveurs, en particulier ovins lait et caprins, est plus jeune que la population agricole dans son ensemble (1 éleveur sur 4 est âgé de moins de 40 ans). D’ailleurs les chefs d’exploitation aveyronnais, en majorité éleveurs, sont en moyenne plus jeunes que les chefs d’exploitation des autres départements de la région.

Un revenu agricole moyen inférieur au revenu agricole moyen en France
Les systèmes agricoles se professionnalisent toujours plus, notamment en termes d’emploi. Le nombre de structures sociétaires augmente et, alors que le nombre de chefs d’exploitation et co-exploitants diminue, la main-d’œuvre salariée se maintient voire augmente. Le fonctionnement de l’exploitation agricole est très proche désormais du fonctionnement de l’entreprise.
En dépit de cette professionnalisation, le revenu agricole moyen en Midi-Pyrénées se situe toujours en dessous de la moyenne nationale. La région compte 10% des exploitations françaises mais l’agriculture midi-pyrénéenne ne représente que 6% de la valeur ajoutée agricole nationale et 7% de l’EBE.

SIQO et circuits courts : sources de valeur ajoutée
En Midi-Pyrénées 1 exploitation sur 4 commercialise des produits sous Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine (hors AB). L’Aveyron est le département le plus impliqué dans les SIQO avec 1 exploitation sur 2 qui commercialise des produits sous SIQO.
Les produits « labellisables valorisés SIQO » représentent en 2013, 875 millions d’€ dont 25% de produits laitiers, 25% de palmipèdes gras et 22% de vins et spiritueux. Le chiffre d’affaires des produits labellisables en Midi-Pyrénées représente ¼ du chiffre d’affaires de l’agriculture régionale. Les SIQO apparaissent clairement comme un moyen de valoriser la production agricole, tout particulièrement dans les secteurs de la viande ovine, bovine et des fruits et légumes.

Les circuits courts de commercialisation (vente à la ferme, marchés, magasins de producteurs, plateformes d’approvisionnement pour la restauration collective, drives fermiers … ) sont une autre façon, pour les producteurs, de valoriser leurs produits. Les exploitations spécialisées maraîchères et horticoles ainsi que les élevages de volailles et palmipèdes ont largement recours à ce type de commercialisation (parfois plus de 75% du chiffre d’affaires est réalisé en circuit court). A l’opposé, les élevages viande recourent peu à ce type de commercialisation ou seulement de manière partielle (moins de 10% du chiffre d’affaires).

Une campagne 2013/2014 difficile et une conjoncture 2015 incertaine pour les filières lait de vache et lait de brebis  
En 2013/2014, les aléas climatiques ont pénalisé les rendements des cultures, de la vigne et de certains fruits. Les grandes cultures ont également été pénalisées par la baisse des cours et la poursuite de la hausse des charges. Au niveau des élevages ovins et bovins, malgré des cours supérieurs à la campagne précédente, l’augmentation des charges a affecté le résultat des exploitations. Globalement les résultats insuffisants en 2013 ont fragilisé le fonds de roulement et les trésoreries.

La Chambre d’Agriculture de l’Aveyron a publié un point conjoncture 2015 pour les marchés agricoles impactant les productions aveyronnaises. En synthèse de nombreuses incertitudes apparaissent pour la production de lait de vache avec notamment la fin des quotas laitiers au 31 mars 15 et le ralentissement de la demande chinoise. Climat incertain aussi pour les producteurs de lait de brebis, confrontés depuis plusieurs années à la baisse des transformations en Roquefort (nouvelle diminution de 4,4% des fabrications de Roquefort en 2013/2014 par rapport à la campagne précédente), les producteurs ovin lait doivent également faire face à l’application du « paquet lait » européen au lait de brebis. Les producteurs de lait de chèvre devraient eux bénéficier de prix en hausse et d’une reprise de la production. En ce qui concerne la viande bovine, la France devrait enregistrer une augmentation de 3,6% de la production en 2015 contrairement aux autres pays européens qui devraient voir leurs productions baisser (à l’exception de la Pologne où une hausse est également attendue). La production de viande ovine devrait rester stable en 2015 mais on s’attend à une légère baisse de la consommation française de viande ovine. Enfin, en ce qui concerne la viande porcine, la demande mondiale est dynamique, particulièrement en Asie. La filière pourrait bénéficier d’un redressement du marché en 2015.

Sources : AGRI’SCOPIE édition 2015 – Chambre d’Agriculture Midi-Pyrénées ; Conjoncture des marchés agricoles 310315 – Chambre d’Agriculture Aveyron

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


à propos

Le blog d’Aveyron Expansion est dédié à l’économie aveyronnaise. Il met en lumière les entreprises, les hommes et les femmes qui œuvrent pour le développement de l’Aveyron. Il éclaire les initiatives privées ou publiques qui créent de l’emploi et de la richesse sur le territoire. Mais il diffuse aussi des informations à destination des acteurs de l’économie (informations sectorielles, appels à projets, agenda…). C’est toute une équipe de terrain, au contact des professionnels, qui contribue à ce fil d’actualités.